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vendredi, 06 juin 2008

MAI 68 40 ANS APRES

Puisque je suis dans les notes sur la Sologne ces jours, je reproduis ci-après un article paru dans le journal "Le Petit Solognot du 14 mai 2008, sous la plume de monsieur Gérard Bardon, plein de bon sens.
Je partage évidemment son point de vue.

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Commémoration piège à cons...


La "pensée 68" et ses slogans bavards sont à l'origine de bien des travers de la société actuelle. La gloriole des soixante-huitards, fondée sur l'apologie de la subversion et de la transgression face à toute forme d'autorité (politique, religieuse, morale, sociale, familiale) a principalement débouché sur des haines et des rejets: famille, société, Etat, nation, République. Un seul petit mérite à ce mouvement, l'introduction d'espaces de liberté individuelle dans une société corsetée et rigide. Libertés qui d'ailleurs arrivaient à grand pas de l'Amérique, sans Trotsky, sans Mao et qui n'auraient pas nécessité tant de chaos.
"Il est interdit d'interdire"
Ces enfants gâtés des trente glorieuses furent la première génération depuis des siècles à n'avoir pas subi les guerres et les turbulences génératrices de drames et de malheurs. Comme le font souvent les enfants gâtés, ils ont détruit ce bel héritage et l'ont remplacé par des caprices et des fantasmes. Les leaders les plus charismatiques de cette fiesta printanière se sont goinfrés à la riche soupe de ces années fastes. Repus, ils n'ont eu de cesse de cracher dedans au nom d'une critique hystérique du capitalisme. Us ont connu la vie facile et la révolution sexuelle sans le sida et avec la contraception. Après avoir imposé le relativisme intellectuel et moral où tout se vaut, le bien et le mal, le vrai et le faux, le beau et le laid, l'amour et le sexe... Ils ont rejeté des parents qui avaient connu les privations, les combats et la souffrance. Ils ont laissé grandir des enfants sans repère sous prétexte de ne rien interdire et d'expérimenter des méthodes pédagogiques progressistes. Ils ont profité de tous les acquis sociaux, bien contents de partir aujourd'hui à la retraite (souvent avec anticipation) dans une certaine aisance et une espérance de vie en augmentation.
"Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner. "
Ils ont englouti les fruits du travail de leurs aînés et ne transmettent que des dettes à leurs descendants mais ayant acquis leur gloire en jetant des pavés, ils recherchent encore l'admiration pour avoir joui sans pudeur de leurs privilèges pendant tant de temps. C'est obscène!
Qu'importe, depuis quarante ans, on n'entend qu'eux, comme si la France était née de leurs cris, de leurs grimaces et de leurs slogans. Rentiers rayonnants, ils se pavanent, surtout ces jours-ci, dans leurs costumes rapiécés d'anciens combattants continuant d'asséner leçons et vérités personnelles. Leurs porte-parole, shootés à une liberté d'expression dirigée, imposent toujours leurs valeurs et leurs références intellectuelles en faisant régner la terreur médiatique et culturelle. Prosélytes hors pair, ils continuent de transmettre sans vergogne leurs couillonnades. Dernier exemple: les lycéens, manipulables à loisir.
'Vivre sans contrainte et jouir sans entrave."
"Du passé faisons table rase", chante l'Internationale, les sans-culottes lyriques de cette révolte d'opérette l'ont fait. Le plus grand gâchis s'est produit dans l'Education nationale où les profs sont devenus des "psychos pédagogues" médiateurs. Surtout ne jamais contrarier l'enfant et jeter l'anathème sur ceux qui prononceraient les mots mérite, autorité, évaluation, punition. Depuis ce mai funeste, l'école n'enseigne plus le savoir, les connaissances, mais proclame des valeurs: égalité, intégration, respect des identités, adaptation à la société. Intentions fort louables certes mais pas son but premier. Le mythe du "prof sympa"côtoie le dogme de « l’enfant-roi" qu'il ne faut jamais contredire et d'où découle la dérive ludique de l'enseignement. On y surfe sur Internet, on y débat sur la tolérance, on y râpe sur les plus jolis vers d’Iphigénie... au détriment des matières fondamentales. Résultats, l'élève interprète l'Avare comme une lutte contre le Medef, ne voit en Jean-Jacques Rousseau qu'un clone de Noël Mamère ou en Victor Hugo qu'un révolutionnaire opposé à la peine de mort... Il ne sait plus qui sont Colbert ou Talleyrand et encore moins distinguer une église romane d'un lavoir. On confond savoir et information. L'école calque ses actions et ses combats sur ceux des médias, des syndicats et du show-biz, étalant bienpensance, corporatisme, nombrilisme, progressisme bon teint qui faisait dire à Péguy: "On ne saura jamais ce que la peur de ne pas paraître suffisamment à gauche aura fait commettre de lâchetés aux Français".
"Tout pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. "
Preuve de la futilité de leur pensée et du mensonge de leurs actes, ils possèdent aujourd'hui la quasi-totalité des pouvoirs. Is incarnent sans remords l'ordre bourgeois et moral qu'ils vomissaient si prestement. Certes, ils continuent de prendre des postures d'éternels rebelles en prenant bien soin de ne rater aucune mode, aucun combat bonne-conscience. S'affichant sans pudeur dans leurs costumes de notables confits dans des idées plus vieilles qu'eux, ils sont éditorialistes influents, politiques, chefs d'entreprise, producteurs, professeurs, juges adhérents du Syndicat de la Magistrature, dirigeants d'universités ou patrons de presse. Après quelques manifs d'entretien ou d'habitude, ils se reconcentrent sur le FMI, la Banque mondiale, l'œil rivé sur le taux de croissance et la valeur du CAC 40.
"Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi. "
Et ils se sont vautrés dans le mur d'une utopie hédoniste et égoïste!
Pour la gauche passéiste, la France ne serait pas ce qu'elle est sans cette "révolution". En effet, d'autres pays voisins, qui l'ont évitée, sont beaucoup plus avancés qu'elle...
Cela méritait-il une commémoration?



 

Gérard Bardon
Le Petit Solognot

Numéro 432-14 MAI 2008




 

Avec un peu de musique pour adoucir les moeurs Clemensic consort "en mai" extrait de danses anciennes de Hongrie (je l'ai pas fait exprès...)
podcast
Et notre chanteur ch'ti, toujours bien vivant dans nos coeurs Pierre Bachelet "mais moi j'ai rien dit"
podcast



 

Commentaires

Je ne rentre dans la polémique de mai 68...mais je passe seulement pour te dire que j'ai beaucoup aimé Pierre BACHELET...pas dans ma discothèque.....
Je laisse qui veuit répondre à ton argumentation..je ne suis pas branchée...



Bises
hélène

Ecrit par : hélène | vendredi, 06 juin 2008

Coucou mai 68 je n'étais qu'un petit bébé de quelques moi alors bien sûr j'ai découvert tout ça bien après
Super Pierre Bachelet,
J'ai toujours la même émotion quand à Bollaert, les supporters chantent les corons, j'ai toujours des frissons
Bisous et bon week-end

Ecrit par : corinne | samedi, 07 juin 2008

Mai 68 nous a apporté moins de rigidité : liberté d'expression, liberté de la femme, ... etc ... etc... "les mini-jupes " pour le plaisir des yeux ..........................................................

La contraception !!!! (... un peu plus tard ...).

Et puis .... et puis ...

Amicalement.
Josiane.

Ecrit par : josiane | samedi, 07 juin 2008

Ohhhhhh, quel âge à Gérard Bardon? Sur la photo? c'est lui?
Il a écrit un joli papier plein d'amertume qui ressemble à un règlement de compte à "OK CORAL!"!! Il a partagé et signé son avis mais peut-on lui répondre???? Je plaisante, 2008, à l'époque des procès pour oui ou un non (tendance USA, encore)!! A croire que nous n'ayons pas d'idées en France!!
Allez, je zappe!! Merci pour La triste chanson très ambïgue de Bachelet que je ne connaissais pas!!! BISOUS FAN

Ecrit par : FAN | samedi, 07 juin 2008

Pour répondre à Fan sur la photo c'est moi, en 1968 environ.
dominique

Ecrit par : papydompointcom | samedi, 07 juin 2008

Je ne suis en aucun cas d'accord avec ce que dit ce monsieur solognot. il n'a pas du vivre ce qui s'est passé pas loin de lui dans ces années là, il n'a certainement pas vécu ce que nous ouvriers, employés..... on vécu dans cette grande épopée de mai 68, comme avaient vécu mes grands parents l'épopée de 1936, comme on vécu mes parents les années 1939 à 1950. Je dis 1950 parce moi née en 1945 ai vécu les conséquences des privations de cette funeste époque. mon frère né en 1947 aussi d'ailleurs et nous nous considérons pas comme des enfants gâtés. Je ne croit pas qu'il soit allé demandé leur opinion aux travailleurs de 68 qui pour certain on vu leur salaire augmenter de 30% ce qui fut mon cas et c'est à ce moment là que j'ai pu acheter la machine à laver qui me qui me faisait défaut avec la naissance proche de ma fille ainé et de l'autre 2 ans après. Ce furent bien d'autres droit qui nous donnait l'espoir de ne pas être les esclaves des patrons. Il ne parle dans sa "prose" que des hommes au pouvoir. Combien sont-ils par rapport à la masse que représente le peuple ???? les autres les quelques 64..... millions de Français qui ont des idées, des droits il en fait quoi ???? Il n'a pas l'air de savoir ce monsieur solognot que dans les pays voisins, la révolte gronde aussi même dans ceux qui n'ont pas eu de mai 68"et qu'il dit s'en être "sortis".... sûrement est il ancré dans ces certitudes qui font que tout est pourri sauf lui. Bien sûr les temps ont évolué mais à mon avis ce n'est pas la faute à Mai 1968, c'est cette course effrénée à l'argent que préconise TOUS et je dis bien TOUS les gouvernement succéssivement mis en place depuis bien des décennies. Il devrait se pencher sur la mondialisation et ses méfaits ce monsieur solognot. Au fait le premier choc pétrolier en 1973 ou 74 c'est à cause de mai 1968 ???? je m'en vais écouter de la musique, elle adoucit les moeurs..... il ne doit pas écouter souvent de la musique le monsieur solognot à qui je conseille de participer à quelques débats, dans sa région pourquoi pas, sur mai 1968, avec les acteurs de cette époque, les ouvrier, les employés, les étudiants.... et même les fonctionnaires, le peuple quoi, peut être aurait-il une ouverture d'esprit plus large sur ce que fut Mai et même juin 68 et des avancées qui en ont découlé.
Au fait j'habite à quelques enjambées de la Sologne au bord du fleuve royal..... Orléans, Beaugency, Notre Dame de Cléry Vendôme ....
A bientôt
ANNIE

Ecrit par : Maminie | dimanche, 08 juin 2008

Allez Annie, bonne grève et bon défilés.
Eh oui il chatouille Monsieur Bardon!

Bon je retourne à ma musique, moi aussi.

dominique

Ecrit par : papydompointcom | lundi, 09 juin 2008

Je découvre avec un peu de retard ton 68 ou tu n'avais ni les cheveux longs, ni les idées courtes....Dur, dur pour ma génération , ce texte......
Avec du recul, je considére que je me suis bien amusée en mai 68, j'ai usé mes baskets , crié des slogans pas trop intelligents....et après,je me suis mariée en juillet.J'ai du enterrer ma vie de jeune fille cette année-là.C'est un bon souvenir de jeunesse .Amitiés

Ecrit par : Allier-née | vendredi, 13 juin 2008

Tout à fait d'accord avec toi Dominique sur cette analyse de Mai 68.
D'ailleurs, que reste -t-il de 68 ?
Apart cette affreuse "pensée unique" qui phagocyte toute vérité dérengeante ?
Pour moi ce fut une révolution "inutile".
Car l'évolution nécessaire des moeurs et de la société était en marche, tranquillement et surement.
Elle fut bousculée par une minorité de petite bourgeois mus par des idéologies de dictatures sanglantes. Ce qui entraîné en partie les dysfonctionnements actuels de la société Française......

Ecrit par : pierlouim | lundi, 16 juin 2008

L'auteur de cette oeuvrette semble frustré de n'avoir point la notoriété de ces "68-ards" dont il dresse un portrait au vitriol et à grand renfort de clichés. C'est limite pathétique. En tout cas, c'est "trop" pour être tout à fait exempt de fiel.
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Sans commentaire
Dominique

Ecrit par : Nathan Sicco | lundi, 27 octobre 2008

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