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11/03/2007

DU JEAN DE LA FONTAINE

Cette fable tirée du site http://www.lafontaine.net/nouveau-site/index.php
 peut s'appliquer à notre pays et à notre bloguerie.


Les membres et l'estomac


Cette peinture des mœurs politiques de l’époque a été inspirée d’Esope (« L’ Estomac et les Pieds ») repris dans un épisode raconté par Tite-Live dans laquelle l’historien latin raconte une révolte de la plèbe que le consul romain Ménénius Agrippa parvint à apaiser en racontant aux insurgés la parabole des membres et de l’estomac, l’un ne pouvant se passer de l’ autre et réciproquement. De nombreux auteurs reprendront le thème, Quintilien, Plutarque et aussi Rabelais qui, dans le chapitre III de son « Tiers Livre » (« Comment Panurge loue les debteurs et les emprunteurs ») ainsi qu’au chapitre IV du même ouvrage (« Continuation du discours de Panurge à la louange des presteurs et debteurs ») s’inspire de la même fable.


            Je devais par la royauté
          Avoir commencé mon ouvrage: 
          A la voir d'un certain côté,
         Messer Gaster en est l'image; 
S'il a quelque besoin, tout le corps s'en ressent.
S'il a quelque besoin, tout le corps s'en ressent. 
De travailler pour lui les membres se lassant, 
Chacun d'eux résolut de vivre en gentilhomme
Sans rien faire, alléguant l'exemple de Gaster. 
« Il faudrait, disaient-ils, sans nous qu'il vécût d'air. 
Nous suons, nous peinons, comme bêtes de somme ; 
Et pour qui ? Pour lui seul, nous n'en profitons pas ; 
Notre soin n'aboutit qu'à fournir ses repas. 
Chommons, c'est un métier qu'il veut nous faire apprendre. » 
Ainsi dit, ainsi fait. Les mains cessent de prendre, 
          Les bras d'agir, les jambes de marcher 
Tous dirent à Gaster qu'il en allât chercher. 
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent 
Bientôt les pauvres gens tombèrent en langueur 
Il ne se forma plus de nouveau sang au coeur ; 
Chaque membre en souffrit; les forces se perdirent. 
            Par ce moyen, les mutins virent 
Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux,
A l'intérêt commun contribuait plus qu'eux. 
Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale. 
Elle reçoit et donne, et la chose est égale. 
Tout travaille pour elle, et réciproquement 
          Tout tire d'elle l'aliment.
Elle fait subsister l'artisan de ses peines; 
Enrichit le marchand, gage le magistrat, 
Maintient le laboureur, donne paie au soldat, 
Distribue en cent lieues ses grâces souveraines, 
          Entretient seule tout l' Etat. 
          Ménénius le sut bien dire.
La commune s'allait séparer du Sénat. 
Les mécontents disaient qu'il avait tout l'empire, 
Le pouvoir, les trésors, l'honneur, la dignité; 
Au lieu que tout le mal était de leur côté, 
Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre. 
Le peuple hors des murs était déjà posté, 
La plupart s'en allaient chercher une autre terre, 
          Quand Ménénius leur fit voir 
Qu'ils étaient aux membres semblables, 
Et par cet apologue, insigne entre les fables
          Les ramena dans leur devoir.
 

Commentaires

je découvre ce texte de La Fontaine. J'ai modifié dans ma note d'aujourd'hui le texte de la chanson, en fin de paroles plus la mention "droit d'auteur", merci pour la remarque.Bonne soirée, amitiés.Renée

Écrit par : Renée | 11/03/2007

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